Buenos Aires est une ville énorme. Plusieurs millions d’habitants, et une superficie impressionnante. La capitale argentine possède sans conteste une énergie très spéciale. Tout porteño (les habitants de la ville) est un peu à la merci de ses humeurs. La ville vous prend et vous retourne dans tous les sens comme une marionnette de plus entre ses mains. Si vous arrivez à Buenos Aires pour y vivre, votre style de vie va changer. Vous vous alimenterez différemment, forcément. Vos cycles du sommeil seront dérangés, la vie nocturne vous attrapera pour vous recracher dans la rue au petit matin, plusieurs fois par semaine. Un jour vous serez exalté, en balade dans les rues sales et bondées de monde du centre, vous serez en accord avec l’énergie de la ville et vous sentirez bien. Le lendemain, vous n’en pourrez plus, vous aurez besoin de voir la vraie couleur du ciel, de sentir l’odeur de la nature, et vous ferez tout votre possible pour trouver une escapade. Vous vivrez une expérience qui vous potentialisera énormément, et qui parfois vous laissera sans forces.
Un expatrié un tant soit peu aventureux qui arrive pour la première fois dans une nouvelle ville n’a pas besoin d’énormément d’information. Il voudra peut-être lire quelques considérations générales sur la métropole et ses habitants, mais sans trop de détails. Une grande partie du plaisir repose dans la découverte par soi. L’hébergement est certainement un premier soucis. Le transport dans la ville pourrait en être un autre. Une fois bien installé, et mieux familiarisé avec la géographie, on voudra savoir où sortir, où bien manger, où chercher certains cours (espagnol, danse, musique, cuisine). Mais ce sont des détails qui une fois sur place se trouvent plus facilement.
Je vous glisse quelques mots sur les quartiers de la ville. Il est très facile de se retrouver à Buenos Aires. En comparaison avec les quelques villes sudaméricaines que j’ai eu la chance de visiter et de ce qu’on m’a dit des autres, les métropoles argentines sont très bien tracées. Tout est droit, carré. La première chose que vous voulez faire en arrivant est d’acheter le Guía T, un guide de poche où vous trouvez des plans détaillés de toute la capitale, les circuits de bus et le tracé du métro (Subte). Disponible dans n’importe quel kiosque à journaux.
Le centre de la ville est divisé en plusieurs petits quartiers, dont les délimitations et noms particuliers n’ont jamais su retenir mon attention. En gros, le centre est bruyant, très sale et d’une esthétique qui me laisse froid, quelques rues exceptées. L’activité y est intense de jour, beaucoup de monde et de voitures partout. Regardez derrière vous à chaque rue que vous traversez, les automobilistes ici n’aiment pas ralentir avant de tourner un coin de rue et la préservation de la faune urbaine ne semble pas particulièrement les préoccuper. De nuit, il y a quelques restaurants et bars, mais ce n’est vraiment pas le meilleur coin pour sortir.
San Telmo, tout près du centre, est l’un des quartiers qui attire le plus de touristes. Petites rues, édifices anciens, foires d’artisans. C’est un peu le quartier bohème et artistique de la ville, mais ça vous l’aurez déjà lu sans doute. Très charmant, sûrement passionnant pour un architecte. Il y manque un peu de parcs et de verdure, on est collé au centre et la population reste très dense.
Palermo est le plus grand quartier de la ville. Il se divise en plusieurs Palermos (Soho, Hollywood, Viejo, Chic, etc…). Ça aussi vous l’aurez lu, c’est le coin le plus branché de Buenos Aires. Bondé de bars et de restaurants de toutes sortes, vous y retrouverez également beaucoup de touristes. Il y a d’énormes parcs où il fait vraiment bon se balader ou faire son jogging. Le trafic y est moindre, on respire plus, avec moins de grands édifices et un peu plus de maisons.
Ces trois grands concentrent les attraits touristiques de la ville. Avec la Boca bien sûr, dont je ne saurais trop parler. Je n’y ai passé qu’un après-midi pour faire le petit parcours touristique. Les autres quartiers que je peux énoncer sont plus résidentiels, et les touristes en visite pour une semaine ne les connaissent généralement que très peu, ou pas du tout. Belgrano et Caballito sont des quartiers réputés “chic” à Buenos Aires. Beaucoup de grandes maisons, de beaux édifices à appartements, et une vie de quartier relativement animée. Belgrano est tout près de Palermo, et à 30 ou 40 minutes du centre. Pour aller jusqu’à San Telmo ça fait plus loin. Caballito, c’est le centre géographique de la ville. Moins de 30 minutes pour arriver à Palermo, le centre ou San Telmo.
Après, on arrive dans les quartiers beaucoup beaucoup plus tranquilles, que des maisons, les rues désertes à partir de 23 heures. Étant donnée l’activité incessante de la ville, il peut être agréable d’y vivre. Chacarita, Colegiales, Parque Chacabuco sont quelques exemples parmi beaucoup d’autres. Almagro et Villa Crespo sont déjà un peu plus animés, et bien qu’ils soient situés très près de Palermo et du centre, ils sont peu visités et gardent une saveur locale vraiment intéressante.
Une petite mention spéciale pour Once, un quartier sans le moindre attrait touristique et où il doit être horrible de vivre, mais qui contient pour moi une grande partie de l’âme de la ville. S’y concentre presque toute l’activité commerciale de Buenos Aires. Impossible d’y circuler de jour. Les rues bordées de boutique de grossistes (tissus, vêtements, montres, sous-vêtements, jouets, lunettes…) bouillonnent d’activité. De nuit, mieux pas s’y aventurer. Mais si Buenos Aires semble parfois trop européen pour sa situation géographique, Once cadre beaucoup mieux dans l’idée qu’on peut se faire d’une grande métropole sudaméricaine. Ce n’est peut-être pas le meilleur endroit par lequel commencer à l’arrivée dans la ville, mais une fois celle-ci mieux apprivoisée, il faut aller y faire un tour.
Maintenant que vous êtes situés, passons à l’hébergement. Selon vos besoins et votre budget, les prix peuvent varier entre 100 et 600 dollars. Allons-y en ordre croissant. Pour la fourchette de 100 à 200 dollars environ, ce que vous retrouverez seront généralement des résidences étudiantes. Chambres partagées entre 2, 4 ou 6 personnes disons, salle de bain partagée, cuisine commune, aires de repos et peut-être quelques ordinateurs avec internet. Vous en retrouverez beaucoup dans le centre, à san telmo, et plus généralement dans les zones fortement urbanisées. Dans les résidences que j’ai visitées, la majorité des locataires était constituée d’étudiants argentins en provenance de l’intérieur du pays.
C’est une réalité économique tout simplement, ce n’est pas une question de style. Une bonne part des étudiants argentins mène une vie qui nous pourrait sembler insupportable. Ils travaillent cinq ou six jours par semaine pour une salaire disproportionément bas par rapport au coût de la vie, et chaque matin ou soir de la semaine, selon leur horaire de travail, ils sont à l’université. La fin de semaine, forcément, ils étudient. Si l’idée vous intéresse, vous pouvez commencer vos recherches sur ce site : http://www.ultraguia.com.ar/Educacion/UltraAlojamientosEstudiantes.htm
Une gamme au dessus, vous retrouvez les maisons de famille ou les collocations. Je n’ai pas vraiment exploré l’option familiale, mais je sais que dans les deux cas les prix sont environ les mêmes : de 200 à 400 dollars environ, selon le quartier, le confort, les commodités. La collocation est l’option que j’ai choisie, comme la majorité des étudiants étrangers que j’ai connus. D’une part parce que les prix me convenaient, d’autre part parce qu’à mon arrivée ici l’idée de me retrouver seul dans un appartement sans connaître personne m’angoissait un peu. Là vous retrouvez beaucoup de diversité. Il y a des offres de collocation dans la majorité des quartiers, dans des maisons, des appartements, avec chambre à partager ou individuelle, colocataires étrangers ou argentins. Vous retrouverez, si vous voulez vous faire un trip Auberge Espagnole, un tas de maisons dans Palermo ou San Telmo partagées entre Allemands, Américains, Anglais, Australiens, Canadiens, Chiliens, Colombiens, Espagnols, Français, Mexicains et combien d’autres! Si vous recherchez quelque chose de plus… argentin, il y a dans énormément de quartiers des étudiants, artistes, employés de toutes sortes, bien argentins, qui cherchent à partager leurs frais tout en vivant une expérience interculturelle. Bref il faut beaucoup visiter, faire le tour des quartiers, penser à ses besoins, et on finit toujours par trouver quelques choses de bien. Il existe quelques bons sites pour trouver des collocations. Essayez www.compartodepto.com, ou encore le grand www.craigslist.org.
Finalement, autre option que je n’ai pas beaucoup envisagée, la location d’appartement pour soi-même. Cette alternative peut être avantageuse par exemple pour un couple ou un groupe d’amis, ou encore quelqu’un de seul avec un peu plus de moyens nécésitant tranquilité et intimité. Si vous cherchez quelque chose d’ameublé, à moins d’avoir un grand coup de chance, vous devrez généralement passer par les agences pour touristes. Ça vous en coûtera au moins 500 dollars par mois. L’autre option que je connaissance est de louer non meublé, avec un bail traditionnel. Pour une ou deux personnes vous pourrez trouver quelque chose à partir de 300 ou 400$ environ. Sauf que là vous avez besoin de garanties de toute sorte, on dit que c’est un grand casse-tête. Il faut marcher dans les quartiers, s’arrêter dans les petites agences immobilières qui se retrouvent un peu partout, ou encore consulter les annonces classées, dans le journal Clarin par exemple (www.clarin.com).
Les premiers temps sont toujours agités. Si vous débarquez par exemple dans une auberge de jeunesse le temps de s’installer, vous rencontrerez sans doute d’autres étudiants en quête de logement. Vous découvrirez petit à petit ce qu’est la ville, beaucoup d’information vous parviendra. Il s’agit de prendre son temps, de bien se poser pour pouvoir apprivoiser petit à petit les mille et uns attraits de la grande capitale!
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